Guiton, Philippe

Pasteurs méthodistes : Philippe Guiton

 

Philippe est un des fils de François GUITON, celui-ci étant l’ancêtre d’une longue série de pasteurs méthodistes en France. Or François GUITON n’est lui-même ni pasteur ni français. Par contre il fait partie des pionniers du méthodisme dans les Iles de la Manche, d’où il est originaire. Il est (rarement) cité par Matthieu LELIÈVRE dans son Histoire du méthodisme dans les Iles de la Manche (Paris/Londres, Librairie Évangélique/Theophilus Wilmer, 1885), et ne me serait guère plus connu si une de ses lointaines descendantes ne m’avait donné le livre qu’il a écrit probablement en 1845 : Histoire du méthodisme wesleyen dans les Iles de la Manche, Londres, Mason, sans date. Ce livre ne nous apprend rien sur l’auteur, sinon qu’il a participé à l’ouverture d’à peu près toutes les chapelles méthodistes de l’ensemble des Iles. De plus, il fait l’inventaire historique, démographique et immobilier de toutes les Paroisses méthodistes, et ce d’une manière que l’auteur veut exhaustive.Nous ne savons rien de plus ni de lui ni de sa famille.

Nous ne savons donc rien des débuts de Philippe GUITON. Pourtant celui-ci est natif, comme François, de Jersey et, sans qu’on sache sa date de naissance, on sait qu’il a commencé un ministère pastoral à Jersey en 1840. Rien ne s’oppose donc au fait que Philippe soit un des enfants de François, et son seul fils pasteur connu en France. Par contre nous savons, grâce aux Actes de 1842 de l’assemblée réunissant les pasteurs de la mission méthodiste wesleyenne présente en France, que celle-ci recommande à la Conférence britannique, son autorité de tutelle, un échange de pasteur entre la France et les Iles Anglo-Normandes. La Conférence britannique de la même année envoie donc Philippe GUITON, avec la mission de desservir la Drôme et les Hautes Alpes. Il reste en France jusqu’en 1844 et rentre dans les Iles.

Mais il revient en France en 1847, à la demande de l’Assemblée du District français (c’était le nom donné alors à la Conférence française, celle-ci n’existant pas encore) qui a besoin d’un pasteur à Calais. Rappelons qu’au début du XIXe siècle les Iles Anglo-Normandes sont de nationalité britannique. Et pourtant, les insulaires y parlent un français très proche du vieux normand, parfaitement intelligible pour des pasteurs ou des touristes francophones. Les premiers prédicateurs insulaires auront beaucoup plus de problèmes dans les paroisses de la Vaunage où l’on ne parlait que le patois occitan.

Philippe GUITON reste à Calais jusqu’en 1851, avant de s’installer à Lisieux de 1852 à 1855. À cette date il est nommé président du District du Midi (depuis 1852 le District France compte deux nouveaux Districts : celui du Midi et celui du Nord) et il s’établit à Dieu-Le-Fit pour quatre ans. En 1859, il vient passer deux ans à Nîmes. Et c’est à Nancy qu’il exerce son dernier poste en France (1865 – 1867), où il a la charge, cette fois, de la présidence du District du Nord. Il est cédé en 1868 aux Iles de la Manche et rentre à Jersey, où il prend sa retraite en 1870. Il meurt dans sa maison familiale en 1883.

Son long séjour en France fait de lui le premier des GUITON, pasteurs méthodistes en France, qui accompagneront l’histoire du méthodisme français jusqu’en 1939.

Pasteur Jean-Louis Prunier

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