Lelièvre, Jean

Pasteurs méthodistes : Jean Lelièvre

 

Français, il est né à Estry (Calvados) en 1793, dans une famille d’agriculteurs catholiques.

Engagé dans l’armée napoléonienne à 18 ans, il n’est libéré qu’en 1814.  Employé comme ouvrier agricole par une dame protestante, il accepte d’aller au culte où il est immédiatement converti par la prédication d’Amice Ollivier, à Beuville, en 1817. En 1818, avec Pierre Le Sueur, il devient méthodiste.

De 1822 à 1828, Jean Lelièvre trouve un travail à Guernesey, comme employé de magasin. Il devient alors prédicateur méthodiste : son premier sermon date de 1826, au Mon-Plaisir. Il se marie avec une jeune fille de Guernesey, Suzanne Carré, méthodiste aussi, dont il aura cinq enfants : Eunice (née le 13 janvier, mariée au pasteur Irlandais John Healy, elle meurt en couche), Jean-Wesley (né à St- Pierre-les-Calais le 24 janvier 1838, mort à Quissac le 24 décembre 1919, futur pasteur méthodiste), Matthieu (né à st-Pierre-les-Calais le 7 janvier 1840 et mort le 9 août 1930, pasteur et historien du méthodisme), Paul (né à Bourdeaux en 1843 et mort glorieusement à Crest le 23 avril 1866), et Loïs (1845-1866).J.-LELIEVRE.jpg

Il reste en France où il est reçu comme prédicateur méthodiste en 1831, et placé pour un an à Paris. En 1832, à Vauvert, il est l’artisan d’un réveil doublé d’une violente opposition. Il est nommé à Ganges pour 1833 où le pasteur concordataire s’insurge contre la prédication méthodiste. De 1834 à 1838, il est en Normandie pour desservir Caen et le Bocage (en 1837 il est à Calais). Lelièvre est consacré au ministère le 4 septembre 1839, à Boulogne, par Henri de Jersey et en présence de Charles Cook.

En 1841, il est dans la Drôme et dans la Vaunage. Jean Lelièvre a vraiment pratiqué l’itinérance : de 1847 à 1850, il dessert Ganges et les Cévennes, puis Nyons jusqu’en 1852. Après, on le retrouve à Joinville (1853-1854), Aigle (1855-1856) et Marseille (1857).

Il prend sa retraite en 1858 et s’installe à Jersey où il meurt le 16 septembre 1861. Malgré son manque certain de culture, ce pasteur est probablement un des moteurs de l’implantation méthodiste en France, par sa prédication simple, vivante, et enflammée qui convertissait, mais attirait aussi beaucoup d’opposition de la part des pasteurs Réformés.

Pasteur Jean-Louis PRUNIER

Bibliographie :

LELIÈVRE Matthieu, Histoire du Protestantisme dans les îles de la Manche, Paris : Librairie Évangélique / Londres : Th. Woolmer, 1885, p. 517-520.

ROUX Th.,  Matthieu Lelièvre , Paris : dépôt 16 rue Demours, 1932.

LELIÈVRE Matthieu, Notice sur Paul Lelièvre, Paris : Librairie Évangélique, 1868.

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