Exbrayat, Idebert

Idebert Exbrayat, pasteur méthodiste-réformé

Idebert EXBRAYAT fait partie, avec Georges FARGUES, de la dernière vague de consécrations au sein de l’Église Évangélique Méthodiste de France. En 1934, il est prédicateur laïc à Codognan, dans la Vaunage. Il commence vraiment ses études en 1935, et il les effectue dans l’école de théologie méthodiste britannique de Richmond, entre 1935 et 1937. Il est admis au noviciat en 1938, un noviciat qu’il choisi d’effectuer dans l’Église Réformée de France, comme cela lui est permis (selon les Actes du synode méthodiste de 1938, p. 36 : « Les pasteurs qui le désirent sont autorisés à se faire inscrire sur le rôle des pasteurs de l’Église Réformée de France, tout en demeurant soumis à la discipline de la Conférence méthodiste française »). Il est placé à Rodez et il est consacré au Saint Ministère le 21 juin 1939 dans la chapelle Malesherbes à Paris.

À partir de dette date, Idebert EXBRAYAT sort de l’orbite du méthodisme français, puisque celui-ce se fond dans l’Église Réformée de France.

Pendant la guerre et par la suite, voici ci-dessous un article du Midi Libre ruthénois du 27 avril 2009, que nous a confié le pasteur Pierre MULLER :

« Une salle du temple de Rodez portera le nom d’Idebert Exbrayat, Juste des Nations

Le pasteur Idebert Exbrayat, âgé d’une trentaine d’années, vivait avec sa femme Yvonne à Rodez dans l’Aveyron, donc dans la zone restée libre jusqu’en novembre 1942. Vers la fin du mois d’août 1942, il fut réveillé en pleine nuit par des coups frappés à la porte. C’était son voisin le rabbin avec sa femme et leurs cinq enfants, fuyant la police venue les arrêter. Le pasteur ouvrit grand la porte pour faire entrer les fugitifs. Un nouveau chapitre commençait alors dans la vie de la famille Exbrayat, qui allait désormais de consacrer au sauvetage des Juifs… Le 13 septembre 1979, Yad Vashem a décerné au pasteur Idebert Exbrayat et à sa femme Yvonne le titre de Juste des Nations. Dictionnaire des Justes de France, pp. 245 ­246.

Une salle du temple portera le nom du pasteur, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale Un hommage venu du coeur. Le conseil presbytéral a décidé de baptiser la salle située sous le Temple du nom de son bâtisseur, Idebert Exbrayat, pasteur à Rodez entre 1938 et 1949. « C’est lui qui a donné de la visibilité, du dynamisme aux protestants raconte le pasteur Gérard Delteil. Au-delà des croyants, sa personnalité a marqué toute la ville de Rodez. » Le temps est venu pour la communauté protestante aveyronnaise de saluer à la fois son comportement exemplaire pendant la seconde guerre mondiale et son engagement pour l’Eglise réformée. « C’est un tout », résume Jean-Claude Lepinat, président du conseil presbytéral de Rodez.

Pour l’inauguration de la salle, les quatre filles d’Idebert Exbrayat ont fait le déplacement ce week-end. Colette Willm, l’aînée, a vécu ses dix premières années à Rodez. Avec quelques souvenirs de la construction du temple. « On nous avait donné un terrain en pente, près des toilettes publiques… » C’est bien là que le temple sera construit. Et il aura fallu, pour terminer l’édifice, l’intervention de Paul Ramadier, alors président du Conseil. « Le ministère des Beaux-arts avait peur que le premier étage gêne la vue. » Un temple achevé en 1947, avec notamment l’argent de fidèles et de juifs reconnaissants. Car Idebert Exbrayat avait organisé un réseau pour venir en aide aux réfractaires du STO et à la communauté juive. Plusieurs avaient trouvé refuge dans les fermes de sa paroisse. « Il ne se considérait pas particulièrement courageux, indique Monique de Hadjetlaché, la seconde fille du pasteur. Il nous disait simplement « je ne pouvais pas ne pas faire autrement« . »

Autre épisode resté dans les mémoires, la cérémonie organisée à la Libération face à la cathédrale de Rodez, pour rendre un dernier hommage aux trente prisonniers résistants abattus à Sainte-Radegonde par les soldats allemands. C’est Idebert Exbrayat qui s’était adressé à la foule ce jour-là, avec un prêche poignant. Quatre filles qui se souviennent aussi d’un homme très touché par les exactions et vengeances commises à la Libération. D’un homme qui savait faire la différence, pendant la guerre, entre Allemands et nazis. D’un bel exemple d’humanisme rayonnant. »

 J’ai connu Idebert EXBRAYAT. Lors d’une visite que je lui ai faite avant sa mort, il m’a offert le certificat de sa consécration en tant que pasteur méthodiste. Je garde de lui le souvenir d’un bel homme grand et mince, nimbé d’une autorité qui lui venait de sa foi évangélique.

 Idebert EXBRAYAT est l’auteur de quelques ouvrages portant autant sur la culture vaunageole, et sur le christianisme (cette courte bibliographie n’a rien n’exhaustive):

Paul, un casseur devenu Apôtre. L’actualité de Saint Paul, Lausanne, Édition Ligue pour la lecture de la Bible, 1977.

Simon surnommé Pierre. Où sont les clés ?, La Bégude de Mazenc, Croisade du Livre chrétien, 1981.

Huguenots de Nîmes, Vaunage, Vistrenque et du Refuge de 1532 à 1864, Lausanne / La Bégude de Mazenc, Édition Ligue pour la lecture de la Bible / Croisade du Livre chrétien, 1983.

Sommières et cinq lieues à la ronde. Trois mille ans d’Histoire et d’histoires, Nîmes, Lacour, 1986.

Calvisson, village huguenot, 1561 – 1914, La Bégude de Mazence, IMEAF, 1986.

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