de Jersey, Henri

Pasteurs méthodistes : Henri de Jersey

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Henri de Jersey est certainement le pasteur méthodiste ayant eu le plus d’importance (juste après et avec Charles Cook) pour l’implantation et le développement du méthodisme en France. Pourtant personne n’a écrit quoi que ce soit sur lui, du moins à notre connaissance. Cet homme reste donc pour nous une énigme, mais nous espérons un jour en savoir plus, peut-être dans les archives méthodistes anglaises.

Il y avait à Guernesey, au début du XIXe siècle, un grand domaine ou un village appelé le Mon-Plaisir, propriété de la famille De Jersey. Henri est un des fils de parents tôt convertis au méthodisme. Nous citons Matthieu Lelièvre : « Henri de Jersey était le petit-fils de cet Henri de Jersey, du Mon-Plaisir, qui fut l’hôte et l’ami de Wesley et de Clarke. Il avait puisé dans les traditions de sa famille cet attachement au méthodisme qui, vivifié par une piété personnelle profonde, le pousse à consacrer sa vie à la mission française. De 1819 à 1857, il donna à cette oeuvre tout ce qu’il avait de coeur et de capacités ; il ne revint  dans son archipel natal qu’au soir d’une longue et utile carrière, en laissant, pour le remplacer, un fils (Henri-Théophile) qui continue dignement son oeuvre. Ses premiers travaux eurent pour théâtre la Normandie ; il fut le collègue de Cook à Caen et Beuville, et succéda à Ollivier à Cherbourg. Ses travaux dans le Midi, à Paris, à Roubaix, dans la Drôme et en Suisse, s’ils ne furent pas accompagnés de succès éclatants, eurent un caractère marqué de solidité et de sérieux. Il prit une part considérable à la fondation du méthodisme français par son activité missionnaire infatigable, par ses écrits, et son attachement ferme, sans étroitesse, aux principes de son Église, par sa piété simple et profonde, par la dignité de son caractère et de sa vie. Il fut l’un des hommes qui ont le plus fait respecter le méthodisme en France, et qui ont fait le plus d’honneur, en particulier, au méthodisme des îles Normandes ».

D’après « l’Appendice » des Actes des Conférences des pasteurs et ministres de la section méthodiste de l’Église de Christ en France et en Suisse de 1870, nous apprenons que « Monsieur de Jersey est mort subitement à Guernesey le 30 juin, à l’âge de soixante et onze ans et six mois » Il reste donc difficile de déterminer si Henri de Jersey est né en décembre 1798 ou en janvier 1799 ! Quoi qu’il en soit, il commence son noviciat comme proposant au ministère en Normandie pour seconder Charles Cook, après le départ de Pierre le Sueur, en décembre 1819. Il y reste jusqu’en 1823. Le 11 octobre 1823, il habite à Caveirac, pour remplacer Cook en voyage en Palestine. Dès le début de 1824, il a des ennuis avec les anciens de Caveirac qui veulent le renvoyer, sans succès. Par contre, il a de bons rapports avec les pasteurs réformés et participe à leurs pastorales. Lorsque Cook rentre de voyage, il doit trouver un logement à Congénies, de Jersey restant à Caveirac (1825). Mais ce dernier “cru devoir donner sa démission, pour les raisons suivantes : d’abord la faiblesse des résultats obtenus; puis l’espoir qu’une oeuvre plus indépendante réussirait mieux; enfin les réceptions en masse des catéchismes“.

Il retourne en Normandie. Lorsque Cook part à Niort, au mois d’octobre 1829, Henri de Jersey vient le remplacer à Congénies pour un an. En 1830 il est nommé à Lourmarin jusqu’en 1832. C’est pendant cette période que Henri de Jersey fait des tournée dans la Drôme, où il et à l’origine de la présence méthodiste. Puis on le retrouve à Paris de 1833 à 1836 et, de 1837 à 1840, à Lille-Roubaix. À partir de 1841, les Minutes des Assemblées du District Français donnent plus d’indications. De Jersey est en Cévennes de 1841 à 1844, dessert Nîmes et la Vaunage en 1845, Nyons et les Hautes-Alpes de 1846 à 1847, puis de nouveau le Gard entre 1848 et 1851. Après avoir desservi Lausanne et Aigle de 1852 à 1854, la Conférence Française l’envoie à Alais (Alès), où de Jersey finit son ministère en France. Il se retire à Guernesey en 1857, où il y meurt, comme on le sait, le 30 juin 1870, dans la maison familiale du Mon-Plaisir.

                                                                                                Pasteur Jean-Louis PRUNIER

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