Farjat, François

Pasteurs méthodistes : François Farjat

 

Ce pasteur français, mort à 42 ans, a fait l’effet d’un météore dans le ciel du méthodisme français.

Il est né à Saint-Cyr, près de Lyon, en 1814. Sa famille d’origine janséniste déménage à Paris en 1821 et il la suit. Sa conversion date de 1830, et il rentre à la Maison des Missions de Paris, pour un an seulement, car sa santé est fragile. En 1836 il est employé par la Société Évangélique à Bar le Duc. On le retrouve à Bruxelles, puis Paris, où il rencontre William Toase qui le conduit  au méthodisme.

L’Assemblée du Circuit Français de 1842 le propose à la Conférence Britannique en ces termes : « ….The conformity of his religions views with those of our body led to his quitting the Evangelical Society, and to his request to be admetted into our work. His experience is clear, and his preaching talents very good. He believes our doctrines, approves our discipline, and has had fruit of his ministry. He is a married man and has one child. He is willing to travel as a single man four years. His examination was highly satisfactory ». Signé : W. Toase.

La Conférence anglaise l’accepte la même année et le place dans le circuit de Nîmes, Montpellier et Vaunage.

Il y reste jusqu’en 1847, et est rentré en 1848 à Nyons pour desservir Drôme et Hautes-Alpes. En 1853, il est au Vigan, en 1854 à Marseille  (d’où il part en Corse pour une mission qui n’aura aucun succès) et en 1856 à Nîmes où il meurt le 26 février de la même année, « à la suite d’une inflammation de la poitrine et d’une fièvre cérébrale ».

Curieux individu que ce François Farjat !  À la lecture de ses écrits dans la Correspondance fraternelle (à laquelle il ne voulait, au début, pas contribuer, mais dans laquelle ses lettres battent tous les records de longueur) on le sent révolté, en réaction contre les décisions des Conférences, très exigeant, très individualiste.

Il a écrit plusieurs ouvrages, quelque fois sans l’autorisation de Charles Cook, comme c’est le cas pour son livre : L’Esprit et les tendances des chrétiens surnommés méthodistes, lettre à mes lecteurs  (Paris : Grassart  / Valence : Courbier, 1852).

Farjat parle de ce livre dans sa lettre à la Correspondance fraternelle écrite à Nyons le 19 mars 1852 : « P.S. : j’oubliai de vous dire que je viens de mettre sous presse un petit ouvrage intitulé De l’Esprit et des tendances des chrétiens appelés méthodistes. Il y a un an qu’il est écrit. Si j’en ai différé la publication, ce n’est pas que j’aie cessé un seul jour d’en sentir le besoin; mais c’est que je l’avais donné à Mr. Cook pour l’examiner et m’en dire son avis et puis que je comptais que nous publierions cela ou quelque chose de pareil ensemble comme corps; je l’avais même, dans le dessein d’en proposer l’examen aux frères, apporté avec moi à Nîmes, ainsi que plusieurs autres manuscrits. Aujourd’hui, mes espérances longtemps nourries d’une oeuvre d’ensemble sont décidément évanouies. Mr. Cook m’a dit que chacun devait agir dans son particulier, qu’une oeuvre collective n’était pas possible. Je suis donc réduit à publier ce qui, à mon propre jugement, je crois bon et utile. J’avoue que c’est une grande peine pour moi. Mais enfin la chose est ainsi et il faut l’accepter. Quant à l’ouvrage en question Mr. Cook m’a dit qu’il le trouvait fort bon mais qu’il ne pensait pas lui que nous dussions publier un tel exposé de notre caractère; que la grande force des darbystes était en ce que n’étant qu’imparfaitement connus on ne pouvait que difficilement les attaquer. De retour chez moi j’ai pesé la pensée du Docteur; mais je n’ai pas changé de résolution. Plusieurs faits qui se sont accomplis depuis lors, m’ont pressé de publier cet écrit. Mon désir est de glorifier Dieu et de sauver les âmes, et d’affermir notre oeuvre: c’est ce qui me fait attendre la bénédiction d’en haut. Adieu ! ».

Nous possédons, du même auteur, un court opuscule intitulé : La Société Méthodiste-Wesleyenne fondant une nouvelle mission ou récit d’un voyage entrepris par M. Freeman chez les Badagriens, les Abokutéens et les Dahomiens, peuples de la Guinée supérieure (Paris : chez Delay, 1843), mais nous n’avons pas de portrait de lui.

Pasteur Jean-Louis PRUNIER

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