FAURE, Auguste

Auguste FAURE, pasteur méthodiste

Auguste FAURE naît  en 1873 dans la Drôme, et il est élevé à Dieulefit par son oncle, un fidèle méthodiste. Il  est reçu comme étudiant en théologie à la Maison d’Études du Valentin à Lausanne en 1891.

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Il passe l’année 1894-1895 à Richmond, et revient, pour sa première année de noviciat, à Honfleur, avec Luc PULSFORD, dans le cadre du « District d’évangélisation ». Il reste à Honfleur tout le temps de son noviciat, et il est admis aux fonctions du ministère le 29 juin 1897, à la chapelle de Levallois, lors de sa consécration par Onésime PRUNIER. Il est alors envoyé à Rouen, toujours dans le cadre du District d’évangélisation.

Le pasteur Auguste FAURE se marie à Rouen avec mademoiselle Alice WOOD, fille aînée du pasteur James WOOD et d’Adeline PRUNIER, la fille aînée du pasteur Frédéric PRUNIER. Il reste à Rouen jusqu’en1905, puis va à Nîmes de 1906 à 1911. Il monte ensuite à Paris, à la paroisse de Ternes-Montreuil, de 1912 à 1911, puis à la paroisse d’Asnières-Malesherbes en 1920. À partir de 1920, il dessert la paroisse française de Calais, où il est toujours en 1939.  Auguste et Alice FAURE ont eu cinq enfants : Jacques (1899-1971), Roger (1900-1976), Éric (1901-1965), Wilfred (1907-1988) et Dorina DE JONGE (1911-2010).

Le texte qui suit est composé d’extraits d’une lettre que m’a envoyée Mme Dorina DE JONGE, le cinquième et dernier enfant du pasteur Auguste Faure, que j’ai eu l’occasion de rencontrer lorsqu’elle nous fit une visite au presbytère de Bagnols-sur Cèze.

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« Le pasteur Auguste FAURE, mon père, né en 1873 dans la Drôme, débuta son ministère pastoral dans l’Église méthodiste, en Normandie, à Honfleur, comme « proposant », puis une fois marié, à Rouen où il collabora avec Wilfred MONOD à son œuvre d’évangélisation et de lutte contre l’alcoolisme. Wilfred et Dorina MONOD laissèrent dans l’esprit de mes parents un souvenir qui imprégna tout leur ministère et leur vie de famille.

Après Rouen, ce fut Nîmes  où mon père eut la charge d’aumônier du « Pensionnat Évangélique » dont les locaux jouxtaient le presbytère et donnaient sur le même jardin.Il se créa très vite des liens d’amitié entre la famille du pasteur et le personnel enseignant. Madame ADOLPHE, la directrice, fut très accueillante. J’ai une mémorable photographie de cette digne personne, en compagnie de l’un de ses professeurs ; la photo est placée dans un cadre en bois ciselé et signée : O. PRUNIER 1914.

À Nîmes, il ne fut plus question de « réunions de croix bleue » contre l’alcoolisme ; nombreux protestants étant vignerons, ils considéraient le vin comme un bienfait et non une cause de « chute » physique et morale. (…)

En 1912, mon père fut nommé à Paris : rue Pierre Demours. Puis ce fut la guerre. Il créa « l’ouvroir » dans une de nos grandes salles où des machines à coudre à longueur de journées confectionnaient des vêtements militaires. Il fallait aussi aider les soldats belges, permissionnaires errant dans les rues de Paris, et les recueillir dans la chapelle avec ce qu’on pouvait leur offrir pour qu’ils se sentent chez eux, malgré l’éloignement de leur pays occupé par les allemands. Jusqu’à présent tous ces souvenirs sont dus aux récits qu’on m’en ont fait mes parents. Ce dont je me souviens très bien, ce sont les réunions de « croix bleu » très vivantes. Il y avait aussi « l’espoir », section junior où l’on nous faisait signer, tout gosse, la promesse de ne jamais boire d’alcool ! …

En 1921, mon père fut nommé à Calais. Là on était ou protestant ou catholique. Les protestants allaient au « temple », le vocable méthodiste était ignoré, ainsi que sa chaleur évangélique. Un pasteur politiquant, prêchant un évangile à gauche, avait éloigné intellectuels et bourgeois. Un juge de paix et sa sœur célibataire  faisaient la « loi ». Ils prenaient en main la partie musicale, mademoiselle Waxin tenant l’harmonium le dimanche, laissait à ma mère les actes pastoraux : mariages et enterrements. Ceux-ci étaient nombreux car non baptisés et divorcés, rejetés par l’Église catholique, s’adressaient au pasteur protestant, en quête malgré tout de religion pour leurs morts. Mon père s’empara de cette particularité pour faire de l’évangélisation ; visitant les familles et les attirant au temple, eux et leurs enfants. Puis ma mère retrouvant sa famille anglaise et son amie d’enfance, ce fut une consolation. (…)

Ce fut l’œuvre de mon père dont il profita jusqu’en 1940.

Il termina ses jours à Montélimar en 1946, chez mon frère Wilfred, après avoir été le pasteur de Poët Laval dans une demi retraite ».

Pasteur Jean-Louis PRUNIER

PS: Je viens de recevoir un mail d’une petite-fille d’Auguste FAURE, Pierrette FAURE, de Dieulefit. Celle-ci me donne quelques éclaircissements et corrections sur la vie de son grand-père. D’abord ce dernier est né à Vinsobre (qui est bien dans la Drôme) en 1871 (et non en 1873). D’autre part son mariage avec Alice WOOD a eu lieu le 27 août 1898, à la chapelle méthodiste de Nîmes, au 3 rue Saint Dominique (détruite en 2000), et non pas à Rouen. Merci Pierrette, qui nous apporte ainsi quelques précieux renseignements. J’espère que vous n’êtes que la première de nombreux correspondant(e)s, et que nous aurons ainsi avec tous les membres de la grande famille issue de Frédéric PRUNIER de fructueux échanges.

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