Cook, Emile

Emile Cook, pasteur méthodiste.

 

Émile, troisième enfant de la famille de Charles et Julie Cook, naît à Niort, le 15 juin 1829, à la fin du court ministère de Charles Cook dans les Deux-Sèvres.

Il passe son enfance à Congénies, puis à Nîmes où, dès l’âge de sept ans, il provoque de petites réunions de prières entre enfants. A neuf ans, il est très malade, et se convertit au Seigneur le 21 mai 1838. Cette même année, ses parents l’envoient rejoindre son grand frère, Jean-Paul, à l’institution anglaise de Woodhouse Grove, réservée aux fils de pasteurs méthodistes. Il y est très malheureux et y reste deux ans. En 1842, Émile rejoint sa famille à Lausanne où il continue ses études. C’est un garçon très sensible, rieur, très scrupuleux. La perte de sa mère le 21 mai 1844 est pour lui un coup terrible. Il subit fin 1844 une fièvre cérébrale qui l’oblige à aller chez son grand-père à Montauban pour se reposer. Il retourne à Lausanne mais pour peu de temps, car la fondation de l’Église libre du Canton de Vaud provoque de telles perturbations que Charles Cook est expulsé, en tant que mômier et étranger. De retour à Montauban avec ses deux soeurs, Marie et Hannah, il passe son baccalauréat et prêche pour la première fois.

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Il ne prépare pas ses sermons, il improvise. Au début de 1848, il se présente devant l’Assemblée Trimestrielle puis devant l’Assemblée de District. Accepté comme étudiant et envoyé à la faculté de Richemond, Émile y étudie la théologie de septembre 1848 au 10 juillet 1851. Un autre drame intervient sur son parcours, la mort de sa petite soeur Hannah, victime du choléra, en mai 1849.

Le 8 septembre 1851, il rejoint son premier poste au Vigan, en remplacement de Gédéon Jaulmes. Il y pratique un certain oecuménisme avec les pasteurs réformés du Vigan (Recolin), de Ganges (Bianquis),  et d’Avèze (Arbousse-Bastide).  Malgré la concurrence du ver à soie, Émile provoque un réveil en Viganais en 1853, mais il subit une forte opposition à Lasalle. De 1853 à 1856, la Conférence l’envoie remplacer François Farjat à Nyons. Il est consacré à Nîmes le 13 juillet 1854, et se marie avec Hélène de Jersey le 17 mai 1855. Il quitte Nyons le 18 novembre 1856 pour aller passer un an à St Pierre-les Calais. La Conférence le place à Lausanne en 1857, où il enterre son père qui meurt dans cette ville le 21 février 1858.

Émile est à Congénies à partir de 1860, puis à Ganges en 1862. La Conférence Française de 1866 le nomme à Paris, qui est son dernier poste, car la Guerre franco-allemande éclate le 19 juillet et Émile s’engage dans l’aumônerie du “Comité auxiliaire évangélique de soins aux blessés”. C’est à cette époque qu’Émile Cook, citoyen anglais, demande la naturalisation française. Mais nous ne savons pas s’il l’a obtenue. Il envoie sa famille à Jersey, en sécurité, pendant le siège de Paris. Après l’armistice du 28 janvier 1871, il fait un rapide voyage à Jersey, mais rentre à Paris soutenir son Église dès les débuts de l’insurrection de la Commune. Il est cosignataire, le 21 mai, d’une pétition de pasteurs en faveur de l’amnistie des otages, sans résultat, car les otages sont fusillés. Le 29 mai, tout est fini, Émile peut aller chercher sa famille et rentrer le 15 juin 1871.

Émile est  alors élu président de la Conférence française en 1872, et il part en Angleterre pour trouver des fonds, car la guerre a beaucoup amoindri les finances du méthodisme français.

L’année suivante, il est invité à New-York à l’occasion des grandes assemblées de l’Alliance Évangélique Universelle. Le comité de Paris le délègue, et il embarque avec Matthieu Lelièvre sur le Ville du Havre, le 12 septembre 1873. Il profite de son séjour aux U.S.A. pour faire une grande tournée de collectes en faveur du méthodisme français, mais c’est un fiasco, peut-être à cause de la crise économique. Il repart sur le Ville du Havre le samedi 15 novembre. Dans la nuit du 21 au 22 novembre, le Ville du Havre est éperonné par un bateau anglais, le Loch Earn, et coule presque aussitôt. 87 survivants sont repêchés sur les 313 passagers du navire français. Émile Cook fait partie des rescapés, mais il souffre depuis longtemps d’esquinancie (amygdalite aiguë), et supporte très mal son bref séjour dans l’eau froide de l’Atlantique Nord. Rentré très malade à Paris le 7 décembre, il meurt à Hyères le 29 janvier 1874, chez Émile Farjat, le fils de son ami François Farjat.

Il est enterré à Nîmes, dans la tombe de François Farjat. À sa mort, Émile Cook laisse sept enfants, et les méthodistes d’Angleterre et des U.S.A. soutiennent financièrement sa famille.

Pasteur Jean-Louis PRUNIER

Bibliographie :

Émile FARJAT, Émile F. Cook, Paris : Librairie Évangélique, 1877.

John WALLER, « British Wesleyan Methodism and the post-war recovery of methodism in France, 1871-1874 », in : Proceedings of the Wesley Historical Society, vol XLV, Leeds : CRYPTICKS and Harmer, february, 1986.

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